« Cela fait plusieurs années que je devrais être mort et enterré, et que je suis effectivement toujours là ! Je crois avoir toujours eu une indéracinable passion pour la vie. La seule façon de survivre, c’est de « sur-vivre », de vivre le plus intensément possible chaque seconde qui nous est donnée ! Je crois que c’est en cherchant ce surplus d’existence que je me maintiens en vie. Je n’ai pas d’autre secret. J’ai choisi de vivre avec passion tout ce qui m’arrive, le bon comme le moins bon, le bonheur comme le malheur. En ce sens, je suis un survivant. ».

Ces propos de l’académicien Jean François Deniaud, qui luttait alors contre la maladie depuis des années, sont en belle consonance avec la fête de Pâques. Les chrétiens devraient être dans le monde les témoins d’une « indéracinable passion pour la vie ». Car depuis la résurrection de Jésus, nous savons que les forces de la mort qui traversent le monde n’auront pas le dernier mot. La Vie est victorieuse. Si nous, les chrétiens, nous ne manifestons pas une confiance indéfectible envers la vie, qui le fera ?

Or bien souvent, nous sommes tentés par le découragement. La vie nous déçoit : la vie du monde, la vie de l’Eglise, notre vie. Comment sortir de cette tentation ? Notre évêque nous donne une réponse dans son dernier édito du journal diocésain :

« Parmi les nombreux personnages autour de Jésus, il y a Simon-Pierre. C’est un homme déçu. Déçu par la tournure que prennent les évènements. Il ne comprend pas. Il s’attendait à un Messie puissant : il voit Jésus à genoux devant ses disciples. Il était prêt à prendre les armes : Jésus lui demande de ranger son épée. Il est déçu : « Je ne connais pas cet homme » (Mc 14, 71). Cela rejoint tellement nos propres déceptions pastorales. Comment les vivre ? À quoi le Seigneur nous appelle-t-il ?

(…) Dans les récits de la Passion, on évoque la présence de la mère de Jésus. À la différence de saint Pierre, elle accompagne Jésus au pied de la croix et jusqu’au tombeau. Dans le silence du samedi saint, elle s’appuie sur la promesse faite : « Le Fils de l’homme sera condamné à mort, ils se moqueront de lui, ils le tueront, et trois jours après, il ressuscitera » (Mc 10, 34 ).

Dans son message de carême, le Pape François nous invite à demander la guérison de notre « cœur froid » dans les affaires, le rapport à l’argent, aux plus petits. Mais il évoque aussi les symptômes d’un cœur froid dans la communauté : nous cultivons les discours désabusés ; nous partageons les propos pessimistes, critiques et accusateurs ; nous éprouvons parfois des sentiments de jalousie, nous demandons parfois des « recettes-miracles », nous recherchons des coupables : un collaborateur, la hiérarchie, l’indifférence généralisée du monde actuel. Il se peut même que nous nous en prenions à nous-mêmes ! Pendant ce carême, le Seigneur guérit nos cœurs. Il rend nos cœurs « brûlants de foi, d’espérance et d’amour » (Pape François), comme celui de Notre-Dame ».

En cette Semaine Sainte, mettons-nous résolument du côté de Marie. Vivons la Passion avec elle. Traversons l’épreuve de la croix avec elle. Et soyons avec elle au petit matin de Pâques, habités comme elle d’une « indéracinable passion pour la vie ».

P. Patrice Éon

PS C’est animée de cette indéracinable passion pour la vie que l’Eglise s’engage dans le débat sur les problèmes bio-éthiques. Pour mieux comprendre les enjeux et les réponses que l’Eglise apporte, la Conférence des Evêques de France a édité des fiches explicatives. Pendant plusieurs semaines, vous trouverez une de ces fiches insérée dans les numéros du Souffle.

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