Vous connaissez tous, au moins pour en avoir vu des reproductions, la chapelle Sixtine au Vatican. Peut-être même avez-vous eu la chance d’aller la visiter au cours d’un voyage ou d’un pèlerinage. Vous le savez, ce qui fait l’intérêt de cette chapelle, c’est l’immense fresque, de plus de 40 mètres, que Michel Ange a peinte sur la voûte de l’édifice et sur un large pan de mur. Une fresque qui représente l’histoire de l’humanité et du peuple de Dieu, depuis la création du monde jusqu’au jugement dernier.

Lorsque, personnellement, je suis allé à la chapelle Sixtine pour la 1ère fois, cette immense fresque était en restauration. Il y avait une partie que les restaurateurs n’avaient pas encore touchée, une partie plus sombre, que le temps et la poussière accumulée avaient ternie et recouverte d’une couche grisâtre. Lorsqu’on continuait à suivre la fresque, on arrivait à une seconde partie. A cet endroit, les échafaudages cachaient la vue et les spécialistes étaient à l’œuvre. Délicatement, minutieusement, ils nettoyaient la peinture, en ôtant morceau par morceau la couche grisâtre qui la recouvrait. Et puis enfin, lorsqu’on contournait les échafaudages, on découvrait tout à coup la partie restaurée de la fresque. Cette fresque, c’est un peu l’image de ce que nous fêtons à la Toussaint et au 2 Novembre.

La fête de la Toussaint et du 2 Novembre, c’est la fête de l’humanité qui retrouve sa beauté première et originelle.

Il y a d’abord cette partie de l’humanité qui est encore dans une zone d’ombre, de demi-teinte : ce sont tous les vivants de cette terre, nous tous. Pourquoi est-ce que nous vivons sur terre ?  Quel est le sens de notre passage en ce monde ? La fête de la Toussaint nous indique un élément de réponse à cette question. Nous sommes sur terre pour apprendre peu à peu à vivre à la manière de Dieu, à aimer à la manière de Dieu, à penser, à agir à la manière de Dieu, à devenir des femmes et des hommes pleinement épanouis dans l’amour de Dieu. Autrement dit, à devenir des saints et des saintes. Nous sommes des apprentis en sainteté !  Mais attention, quand nous parlons de sainteté, un grand danger nous guette. Nous imaginons les saints comme des êtres parfaits, arrivés, grâce à des efforts héroïques de leur part, à un équilibre humain, moral, spirituel, parfait. Pas du tout ! Les saints, ce sont des pécheurs … des gens qui ont des défauts, des déficiences, des déséquilibres, mais qui vivent tout cela dans la joie et la paix, parce qu’ils se laissent façonner par la miséricorde du Seigneur.

Il y a ensuite cette autre partie de l’humanité que Dieu est en train de purifier, de restaurer : ce sont tous nos défunts qui sont arrivés à l’entrée du Royaume. Ils vivent une étape de purification Dans le langage traditionnel, on parle de « purgatoire », mais ce mot, on n’ose à peine le prononcer tant il est chargé d’images négatives qui n’ont rien à voir avec la foi. Le purgatoire, ce n’est pas un lieu, c’est une qualité de l’amour de Dieu. C’est l’amour de Dieu qui est « purificatoire ».Ceux qui ont passé la mort sont avec le Christ et nulle part ailleurs. Bien sûr, nous butons sur le mystère de leur liberté : ils ont la liberté de se laisser aimer par le Christ ou de refuser l’amour et le pardon du Christ. Mais s’ils acceptent le Christ, la foi de l’Église nous dit qu’ils sont alors dans un état de grande joie. Une douloureuse joie, puisqu’elle est mêlée de la souffrance de ne pas avoir assez aimé. Mais une joie quand même. Sainte Catherine de Gênes écrivait ceci : « Je ne crois pas qu’après le bonheur des saints du paradis, il puisse exister une joie aussi grande que celle du purgatoire ». C’est la joie des retrouvailles avec ceux que l’on avait quittés, la joie de découvrir le visage du Christ.

Enfin, il y a cette avant-garde de l’humanité qui est arrivée au terme du chemin ; qui est pleinement achevée : ce sont les saints et les saintes. Le Royaume de Dieu est peuplé de gens dont la vie est pleinement épanouie et réussie. Immense foule de personnes pour la plupart inconnues, qui n’ont pas été canonisées, mais qui dans la simplicité de leur vie quotidienne, ont laissé l’amour de Dieu habiter leur cœur et transfigurer leur être. Laissons Dieu achever en nous l’immense fresque de la sainteté humaine.

Père Patrice

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